Compte rendu de la plénière du 4 avril 2017

 

COMPTE RENDU DE L’ASSEMBLÉE PLÉNIÈRE DU CONSEIL DE QUARTIER
« HÔPITAL SAINT-LOUIS – FAUBOURG DU TEMPLE »
MARDI 4 AVRIL 2017 – 19-21h à l’École élémentaire Vicq D’Azir

 

Sujets :

  • Travaux de la ligne 11 : parlons accessibilité
  • Le budget participatif, une vraie avancée démocratique ? Vos idées !
  • Un projet pour le quartier : structure de gym douce de rue à Sambre-et-Meuse

 

En présence et avec la participation de :

  • Monsieur Perret, développement territorial de la RATP
  • Madame Elise Fajgeles, adjointe au Maire du 10ème arrondissement chargée des transports, de l’espace public et de la propreté
  • Monsieur Pierre Japhet, adjoint au Maire du 11ème arrondissement chargé des transports et des déplacements
  • Monsieur Paul Simondon, premier adjoint du Maire du 10ème arrondissement
  • Monsieur Ari Brodach, responsable de la mission budget participatif Mairie de Paris

 

  1. Introduction relative aux conseils de quartier, présentée par Camille Arnodin pour l’équipe d’animation

L’équipe d’animation rappelle le périmètre du quartier : il part du carrefour de Belleville jusqu’à Colonel Fabien, descend la rue Grange aux Belles jusqu’au Canal et remonte la rue Faubourg du Temple pour former un carré.

C’est la loi de février 2002 qui institue les conseils de quartier. Il y a 123 conseils de quartier à Paris. Ils disposent de deux types de budgets :

  • Un budget de fonctionnement annuel
  • Un budget d’investissement, permettant l’achat de mobilier, qui reste propriété de la Mairie (arbre, banc, mobilier pour une école) et qui ne permet donc pas d’acheter des prestations. On constate un report du budget d’investissement important suite aux difficultés à monter des projets.

L’équipe d’animation du Conseil de Quartier est composée d’habitants du quartier, et est un intermédiaire entre la Mairie et les habitants. Les membres de l’équipe d’animation sont tous volontaires et bénévoles et invitent les habitants à les rejoindre afin d’être plus représentatifs et de pouvoir mener davantage d’actions.

 

 

  1. Point sur les travaux à Goncourt et à Belleville sur la ligne 11 ; présenté par Erika Abrams pour l’équipe d’animation et Muriel Pagès pour le collectif d’habitants concernés

Le projet prévu a été annoncé par la RATP à une réunion publique le 13 décembre 2016.

  • Métro Goncourt : deux nouvelles sorties par escaliers fixes : une au 51 rue du Faubourg du Temple, l’autre devant le 54 rue du Faubourg du Temple
  • Métro Belleville : un escalier avec sortie simple devant la Cour de la Grâce de Dieu, à la hauteur du 129 rue du Faubourg du Temple, là où le trottoir est très étroit ; une entrée-sortie à l’angle de la rue du Faubourg du Temple et rue de la Présentation ; une sortie par escalier mécanique rue de la Présentation.

Lors de la réunion du 13 décembre, des personnes ont pointé des problèmes de voirie (réduction de la largeur du trottoir ou de la chaussée) et demandé une amélioration de l’accessibilité (prévue sur d’autres stations de la ligne 11).

Pour Belleville, un problème de circulation est constaté sur la sortie devant la Cour de la Grâce de Dieu, où le trottoir est très étroit.

À Goncourt, la sortie au droit du 51 rue du Faubourg du Temple, juste devant une entrée d’immeuble, présente un problème semblable à une plus petite échelle.

Devant le 54 de la rue du Faubourg du Temple, la nouvelle sortie est très pénalisante pour les commerces situés à cet endroit, qui seraient privés du droit d’étalage. Le propriétaire de ces commerces a d’ailleurs fait un recours.

L’équipe d’animation pense que des ajustements sont possibles et souhaiterait avoir un échange avec la ville et la RATP.

À la demande des habitants, le conseil de quartier a organisé deux visites exploratoires sur le terrain : le 4 janvier, visite de la station Goncourt ; le 10 janvier, visite de la station Belleville. (Les comptes rendus et conclusions de ces deux visites sont à lire sur le site internet du CQ : http://conseilsdequartiersparis10.org/faubourg-du-temple-hopital-saint-louis/.)

Lors de ces visites, les élus ont compris les problématiques. Le groupe EELV du 10ème arrondissement a présenté un vœu lors du Conseil d’arrondissement du 16 janvier 2017, soutenant notamment la demande 1° d’une mécanisation de la station Goncourt ; 2° que soit organisée une concertation entre la RATP, les services techniques de la ville et les riverains qui le souhaitent à propos des nouvelles sorties prévues, afin d’assurer une bonne circulation des flux piétons.

Du côté de la RATP, dont le projet – sans projet de surface abouti – promet de mettre à mal les commerces et la circulation piétonne, les propositions des habitants ont été ou refusées net, sans explication (pour Belleville : percement d’une galerie souterraine de communication qui éviterait la trémie devant le 129 et les problèmes d’aménagement de la voirie qu’il pose) ou laissées sans réponse (pour Goncourt : mécanisation de la sortie n° 1 et doublement de l’escalator existant entre le premier palier et la salle des billets).

À noter qu’un collectif d’habitants (Stopmonop) a déposé deux projets sur la plateforme du budget participatif :

Un habitant du 11ème a, de son côté, proposé un projet de piétonisation totale de la rue du Faubourg du Temple. (https://budgetparticipatif.paris.fr/bp/jsp/site/Portal.jsp?page=idee&campagne=D&idee=109)

L’équipe du conseil de quartier, qui souhaite des explications et une meilleure prise en compte des besoins des habitants et du quartier en général comme cadre de vie, présente à l’assemblée une question de pré-conseil, à poser au Conseil d’arrondissement du 27 avril. (Texte publié sur le site du CQ : http://conseilsdequartiersparis10.org/faubourg-du-temple-hopital-saint-louis/commissions/cadre-de-vie/question-de-pre-conseil-soumise-a-la-pleniere-du-4-avril-360.)

 

Intervention d’Elise Fajgeles, adjointe au maire du 10ème en charge de la Voirie et des Transports :

Mme Fajgeles rappelle que la ville accorde une forte importance à ce projet de prolongement de la ligne 11, afin de renforcer le lien entre Paris et la banlieue et de limiter l’utilisation des voitures. C’est une forte avancée en termes de transports publics. Ce projet engendre en effet des désagréments importants pendant les travaux. Concernant la concertation, la RATP a travaillé avec la Préfecture, la direction de la voirie de la Mairie (DVD). Quand on parle de la sortie devant la Cour de la Grâce de Dieu, cela paraît en effet problématique. Néanmoins, on respecte les normes. Toutes les consultations techniques ont été réalisées. [N.B. – le permis de construire prévoit seulement 30 cm entre la trémie et la chaussée, ce qui ne laisse aucun espace de refuge aux piétons.]

Il est trop tôt, techniquement, pour parler de l’élargissement des trottoirs. Il faut attendre la réalisation des sorties. Il est prévu qu’on revienne ensuite sur le sujet d’aménagement de la voirie et de piétonisation, mais il trop tôt à ce stade. En l’état actuel des choses, il y aura peut-être une perte de fluidité au niveau de la circulation et moins d’espace pour les commerces, mais rien n’est définitif en surface. La direction de la voirie a déjà des idées en tête. Il faut voir ensuite ce qui est possible en termes budgétaires.

Intervention de Pierre Japhet, adjoint au maire du 11ème en charge de la Voirie et des Transports :

À Goncourt, le trottoir existant sera élargi du côté pair dans le cadre des travaux en supprimant le décroché entre le 50 et le 52 rue du Faubourg du Temple.

Intervention de M. Perret (RATP) :

C’est un projet avec sept partenaires. La RATP intervient en tant que maîtrise d’ouvrage et assure la coordination des travaux mais ne décide jamais seule. La RATP doit assurer la maintenance du métro. Les questions d’espace sont une interrogation commune entre la Mairie et la RATP.

La RATP propose des plans et les soumet à la ville qui les valide. La RATP va bientôt soumettre des plans concernant la station Goncourt. L’objectif de la modification de la ligne 11 est d’augmenter la capacité (notamment par le passage de 4 à 5 voitures par rame). Le budget du projet est de 214 Millions d’€ sur l’adaptation des stations de la ligne 11. La mise en circulation de la ligne 11 prolongée est prévue en 2022.

Ce projet est contraint par l’obligation pour la RATP d’assurer une capacité d’évacuation en moins de 10 minutes. Pour cela, il est nécessaire de créer des sorties aux deux bouts des quais. Dans les travaux de planification des sorties, il faut regarder ce qui se passe en surface et ce qui se passe en dessous. En dessous, il y a beaucoup de concessionnaires de réseau (eau, gaz, téléphonie), ce qui complexifie les travaux et limite les possibilités d’aménagement.

Dans le cas de la sortie devant la Cour de la Grâce de Dieu, l’idée était de s’écarter au maximum des façades, mais on ne peut pas aller plus loin sans être trop près des réseaux (collecteur notamment).

S’il y a un recours d’un commerçant, les réponses techniques seront apportées.

Concernant la mécanisation : l’objectif était de créer des escaliers mécaniques lorsque c’était possible. Un escalier mécanique ne permet pas de répondre à la contrainte d’évacuation. La priorité est donc de créer un escalier fixe et, si possible, un escalier mécanique. Par exemple, un escalier mécanique sera mis en place à Belleville (rue de la Présentation, du côté de la rue de l’Orillon) car cela est possible.

Un habitant évoque la possibilité d’un ascenseur.

Cela n’est pas envisageable dans le cadre du projet de modernisation de la ligne 11.

Question d’un habitant : je reviens sur la problématique de la mécanisation. Vous n’avez pas répondu à la question de la sortie vers l’Hôpital Saint Louis (sortie n° 1 à Goncourt).

Ce n’est pas une priorité dans le cadre du projet de l’adaptation des stations de la ligne 11. Goncourt est déjà partiellement mécanisée.

Le STIF et la RATP suivent également la modernisation des espaces (c’est un autre projet). Aujourd’hui, il y a 302 stations, 500 escaliers mécaniques, 2 stations sur 3 ont un escalier mécanique. Les dénivellations les plus importantes (>4m à la montée et >5m à la descente) sont étudiées. Goncourt répond à un de ces critères (la descente non mécanisée). Des études de faisabilité seront présentées. Concernant la montée, il y a moins de 4m donc ce n’est pas prioritaire. La mécanisation doit prendre en compte les autres réseaux. C’est plus simple à gérer avec un escalier fixe.

Question d’un habitant : quel est l’intérêt de la mécanisation partielle proche d’un hôpital ?

Le défi consiste à choisir parmi les 302 stations. La fréquentation des stations est aussi un critère. Le budget participatif ne peut pas concerner les infrastructures de la RATP.

Concernant Belleville : il avait été étudié une galerie souterraine au-dessus de la ligne 11 vers la nouvelle sortie rue de la Présentation. Au final, cela n’est pas faisable : risques techniques, planning et budget très élevés. Il est donc nécessaire d’aménager une sortie rue du Faubourg du Temple.

Remarque d’un habitant : même si la largeur prévue répond aux normes techniques, elle ne tient pas compte des flux réels.

Il y a des contraintes techniques. En fonction de l’avancée des travaux, il serait possible d’élargir le trottoir du côté chaussée dans le cadre d’une concertation. Il ne sera pas possible de déplacer les trémies. La Ville a bien indiqué que la largeur du trottoir semble faible, mais techniquement il n’est pas possible de faire mieux.

Ce qui n’est pas compris, c’est pourquoi l’aménagement de l’espace public n’est pas pensé en même temps que les travaux de la RATP. Muriel Pagès rappelle les marches exploratoires organisées par le conseil de quartier et demande à avoir accès aux éléments techniques de la direction de la voirie.

Une concertation va a priori être lancée pour voir comment adapter l’espace public concernant l’éventuel élargissement du trottoir.

Equipe d’animation : Quid des commerçants qui vont perdre du chiffre d’affaire en perdant leur droit d’étalage ?

Réponse de Mme Fajgeles : Il y a des projets d’envergure qui peuvent avoir des impacts négatifs à un niveau local.

La salle approuve le texte de la question de pré-conseil, demandant :

  • la mécanisation de la station Goncourt
  • une réunion de travail pour chercher ensemble une solution des problèmes que les aménagements prévus pour les deux stations promettent de poser au niveau du flux piéton, de la circulation, du stationnement et du droit d’étalage
  • une amélioration de l’information en direction des riverains et des commerçants

[Le 27 avril, Mme Fajgeles a annoncé la tenue d’une réunion de travail inter-arrondissements le mardi 30 mai, à 18 h 30, à la Mairie du 10e.]

 

 

2.Un projet pour le quartier : structure de gym douce de rue à Sambre et Meuse ; présenté par Camille Arnodin pour l’équipe d’animation

Le conseil de quartier dispose actuellement d’un budget d’investissement de 23.409 € (reports cumulés depuis 2014).

L’équipe d’animation propose d’utiliser cet argent pour financer une structure de gymnastique douce, à destination de tous, de 7 à 77 ans, selon un modèle qui existe dans de nombreuses villes du monde entier (notamment en Chine) mais également déjà à Paris (12e arrondissement). La localisation proposée est l’angle de la rue de Sambre et Meuse et du boulevard de la Villette, où se trouve aujourd’hui une colonne à verre. C’est l’occasion de réinvestir ce territoire, où il y a actuellement peu d’investissement. Le projet présenté par l’équipe avait été validé l’an dernier par les services de la Mairie de Paris dans le cadre du budget participatif. Il sera toutefois nécessaire d’en parler avec la Préfecture, qui craint tout ce qui pourrait créer des attroupements, problématiques dans le contexte actuel d’état d’urgence prolongé.

Mme Fajgeles signale qu’un projet de parcours sportif a été voté l’an dernier dans le cadre du budget participatif entre Nation et Stalingrad. Le projet est en cours de préparation par la direction de la jeunesse et des sports et la direction de la voirie. Il y aura tout le long du parcours des agrès de niveaux différents et des marquages au sol. Le début des aménagements est prévu pour fin 2017. Des plans devraient être proposés à la rentrée scolaire et une réunion sera organisée à ce moment-là pour les présenter.

Le projet présenté par l’équipe d’animation sera ainsi dans l’esprit du parcours sportif déjà programmé. Il a été chiffré l’an passé à 10 000 €, sachant qu’il faut aussi prendre en compte les coûts d’installation.

 

Question d’une habitante : est-ce que tout le budget restant du quartier serait mis là-dessus ?

Réponse de l’équipe d’animation : Il est possible de faire part d’autres idées (boîtes à livres, piscine Lagatu Parmentier) en rejoignant l’équipe d’animation ou en faisant remontant des propositions. Il faut également signaler les problèmes à la Mairie.

 

 

3. Le budget participatif : une vraie avancée démocratique ? – présenté par Charly Ferret pour l’équipe d’animation

 

Questions de l’équipe d’animation : Connaissez-vous tous le budget participatif parisien ? Y voyez-vous une avancée démocratique ? Sur quels éléments vous fondez-vous pour répondre à cette question ?

Toutes les personnes présentes semblent connaître ce dispositif.

Remarque d’un membre de l’équipe d’animation : il faut savoir qu’il y a 6 quartiers dans le 10e, découpés de manière égalitaire. Il devrait donc y avoir 16-17 % des projets pour le quartier Hôpital Saint-Louis / Faubourg du Temple, mais il n’y a cette année que 7 projets, dont 2 portant sur le même sujet et 2 autres (les projets relatifs à la RATP) déposés par une même personne (membre de l’équipe), soit moins de 8 % des projets. Il y a un problème dans le sens où le budget participatif n’attire pas la participation dans notre quartier. Le second bémol est l’importance donnée à la communication autour des projets depuis la dernière édition. La démocratie participative semble réduite à une affaire de com’ ou de marketing.

Pour que cela soit une avancée démocratique, il faudrait des modifications. Il faut favoriser la réflexion et ne pas raccourcir la période de dépôt en faveur de la période de campagne.

Remarque d’une habitante : Il y a un problème depuis plusieurs années, et qui a était déjà signalé, en haut de la rue du Buisson Saint-Louis, des camions qui sont à demeure, de la saleté, de la prostitution, ainsi que des soucis d’agression. Certains parents d’élèves subissent la présence de prostitution dans leur immeuble. Aujourd’hui il apparaît que la prostitution a été progressivement institutionnalisée dans ce quartier.

Un projet proposé l’an dernier n’a pas été retenu : faire une piste cyclable remontant la rue du Buisson Saint-Louis, qui permette de décaler les camions et végétaliser une partie de la zone pour créer un espace permettant une activité commune entre habitants. Ce projet, proposé à nouveau cette année, n’aurait pas été suffisamment soutenu.

Remarque de l’équipe d’animation : le budget d’investissement devrait également permettre de rénover des installations existantes, et non pas seulement faire de nouveaux investissements.

Question d’un habitant : comment trouver la cohérence entre les différents projets participatifs ?

Intervention de Paul Simondon, premier adjoint du Maire du 10e arrondissement :

On est dans une phase intermédiaire des budgets participatifs : le dépôt de projets est fini, mais le vote n’a pas encore commencé. Les projets seront connus en juillet et le vote aura lieu en septembre-octobre. Le dispositif évolue chaque année afin de l’améliorer.

Concernant le nombre de projets déposés, cela n’est pas un problème car ce qui importe c’est le fait que les projets soient votés, comme le projet de halle alimentaire.

Une concertation va également avoir lieu sur la place Colonel Fabien, dans le cadre du réaménagement des places dans les quartiers populaires.

Question de l’équipe d’animation : Y-a-t-il un biais sociologique et culturel sur les projets votés dans le cadre du budget participatif ?

C’est une question qui s’est posée et c’est pourquoi une part importante du budget est fléchée vers les quartiers qui sont labélisés « quartier populaire ». Il y a une part dans les enveloppes budgétaires obligatoirement réservée pour que des projets soient mis en œuvre dans les quartiers populaires. Il y a aussi une aide à l’émergence des projets.

Pour les conseils de quartier, comment anticiper et faire émerger des idées ? Des associations ont été aidées pour contribuer à monter des projets.

La période dont la durée a augmentée est la période d’étude technique, qui permet la discussion entre les porteurs de projet et les services de la ville.

Remarque de l’équipe d’animation : Comment faire émerger des idées avec des gens ? Cela prend du temps.

Cela peut se faire sur une période longue, sur deux années par exemple, si le projet n’est pas assez mûr la première année.

Question d’un habitant : n’y a-t-il pas une problématique spécifique à ces quartiers pour faire émerger des projets ? L’expérimentation avec les associations ne s’est pas faite partout.

Cette problématique a été perçue dès le début. Une part du budget a été réservée et une aide à l’émergence a été proposée. La labélisation « quartier populaire » s’est faite sur la répartition ancienne, avant la réduction des zones « politique de la ville ».

Intervention de Ari Brodach, responsable de la mission budget participatif à la Mairie de Paris :

Concernant les quartiers prioritaires, c’est 30 % du budget (sur 100 m€) pour 20 % de la population. Un appel à projet pour des associations a été lancé afin qu’elles proposent des dispositifs d’accompagnement à l’émergence de projets dans ces quartiers populaires.

L’an dernier, les associations sélectionnées n’étaient pas forcément très ancrées dans la réalité des territoires. Cette année, la qualité du lien avec les acteurs du territoire est un critère de sélection des propositions associatives qui bénéficieront du budget de la Ville. Les associations pourront travailler à partir de septembre à l’émergence de projets qui seront déposés en janvier 2018 pour le budget participatif 2018.

Concernant l’aide à la communication, ce sont deux associations (Voies publiques, Tchatche.org) qui ont accompagnés les habitants.

Certains porteurs de projets sont très bien structurés, dans le cadre d’associations. Afin d’aider les habitants qui ne sont pas autant structurés, il a semblé pertinent de les aider sur le volet communication.

L’équipe d’animation fait une remarque relative à la rédaction des mails transmis dans ce cadre, trop jargonnants (« boostez votre projet », etc.).

L’intention est d’apporter une aide à la communication. C’est une démarche d’amélioration continue.

Remarque de l’équipe d’animation : On n’est pas assez dans l’explication des choix à faire. Nous n’avons pas entendu parler du parcours sportif. Par ailleurs, comment informer sur la possibilité de proposer des projets pour améliorer l’existant plutôt que toujours des choses nouvelles ?

Réponse de Paul Simondon :

Il est vrai qu’on est le plus souvent dans des projets de nouveautés plutôt que des projets de rénovation. On est plus souvent sur des projets d’espaces publics que d’équipements. On a toutefois des exemples d’amélioration : salle de danse espace Jemmapes, réhabiliter la chapelle Saint-Lazare à côte de la médiathèque Françoise Sagan.

C’est pour cela que la démarche participative ne concerne que 5 % du budget de la Ville : le budget participatif ne convient pas pour des investissements lourds. Ce sont les élus qui prennent leur responsabilité en matière d’investissements.

Autre question souvent posée : Quelle est la légitimité du budget participatif ? Concernant les écoles, pourquoi mettre en concurrence les écoles ? On propose plutôt des projets sur plusieurs écoles.

Il y aussi maintenant un budget participatif dans les écoles, où les enfants peuvent voter parmi un catalogue d’équipement.

Remarque de l’équipe d’animation : ce n’est pas évident de faire faire à des enfants ce genre de choix (par exemple, entre une école plus verte et un école plus « connectée »).

Intervention d’Elise Fajgeles :

Sur les camions rue du Buisson Saint-Louis : la Mairie avait prévu de réaménager les emplacements de livraison. Ce projet a été abandonné, car le projet budget participatif portant sur la même rue avait été lancé. Lors d’une rencontre avec les porteurs de projet, il a été convenu alors de suspendre le projet de la Ville, mais il va être lancé avant l’été.

Les habitants n’étaient pas au courant et pensaient que les projets allaient être conjoints.

Dernières questions de l’équipe d’animation : Dans la prochaine campagne pour le vote du budget, comment ne pas limiter le budget participatif au fait de cocher des cases sur un bulletin, sans réfléchir à ce qui sous-tend les choix proposés ? La démocratie va au-delà de ça. Axe d’amélioration pour la ville : comment amener les habitants à comprendre les enjeux, à débattre et à choisir ?

le Partager :

Laisser un commentaire